HUILE DE COLZA

HUILE DE COLZA

HUILE DE COLZA : SANS HEXANE !

Archi Sain souhaite avoir une connaissance parfaite des produits alimentaires que sa communauté consomme chaque semaine. Si l’on souhaite s’intéresser au bio, il faut naviguer au-delà de l’aspect nutritionnel car d’autres facteurs interviennent. Ils concernent l’écologie, l’environnement et le dur labeur des agriculteurs. Ayons une vision globale ! Nous souhaitons apporter un maximum de transparence et partager avec vous la raison de nos choix en ce qui concerne les ingrédients et la filière agricole à laquelle ils sont associés.
L’intérêt de l’huile de colza
Cet article met en lumière ce que nous savons sur l’huile de colza, un ingrédient INCONTOURNABLE, dès qu’une vinaigrette made Archi Sain point le bout de son nez. Comme vous le savez peut-être, notre modèle alimentaire occidental souffre cruellement d’une carence en oméga 3 et d’un excès d’oméga 6. Autrement dit, notre rapport oméga 6/oméga 3 est trop élevé, ce qui impacte sur notre santé cardiovasculaire et émotionnelle. La raison pour laquelle nous baignons dans les oméga 6 est simple : les huiles qui en contiennent le plus sont les moins chères et sont donc celles choisies par nos industries dont le critère élémentaire reste bien celui du portefeuille.
Deux huiles, deux prix.
Quand on souhaite mettre un point d’honneur à la qualité de nos vinaigrettes, on choisit, l’huile de colza. Mais soudain, on s’aperçoit que le marché propose des huiles de colza dont la fourchette de prix oscille de façon interpellante… Bizarrement, les huiles de colza à la couleur or plus marquée, qui bénéficient également d’arômes noisette au parfum plus prononcé, sont plus chères que les huiles de colza au goût plus neutre et à la couleur un peu terne. Malheureusement, l’étiquetage ne nous permet pas de nous donner d’avantages d’informations sur la raison de la variation des prix. Dès lors, nous prenons rendez-vous avec des producteurs de colza Belges qui nous ont renseigné des informations que nous estimons devoir partager avec vous.
A peine arrivées sur notre lieu de rendez-vous, le message est clair. Notre premier producteur, nous accueille avec deux huiles de colza : une colorée et parfumée, une autre moins attrayante qui semble décolorée et désodorisée. Exactement, le même constat que celui fait précédemment dans les supermarchés. En fait, tout est une question d’extraction. Si dans le premier cas, l’huile de la graine de colza a subi une pression à froid, l’autre a été extraite à l’hexane, un solvant couramment utilisé. L’extraction à l’hexane semble faire débat depuis les années 80 par sa dangerosité sur la santé et sur l’environnement. Pourtant depuis les années 2000, l’utilisation de l’hexane a été intensifié.

Le premier critère dont nous tenons compte est donc le type d’extraction : première pression à froid pour une huile colorée au goût prononcé.

Bio ou pas bio ?
Ensuite, il fallait aborder la question du bio. Nous sommes arrivées avec un point de vue tranchée et à force de rencontres, d’écoute et de partage, nous sommes revenues avec un discours plus modérée.
L’agriculture biologique soulève tellement d’interrogations. Récemment, vous avez lu dans la presse que le saumon bio était plus contaminé que le saumon d’élevage. Quoi de plus normal ? Si le saumon Bio est nourri de façon naturelle, sa teneur en contaminants n’est rien d’autre que le miroir de celle de leur environnement. Le saumon bio est tout simplement le reflet de nos mers contaminées qui elles-mêmes sont le reflet de l’histoire industrielle. PCBs, dioxines, métaux lourds, perturbateurs endocriniens, autant de polluants qui pèsent dans les risques toxicologiques. Plus de mercure, 6 fois plus d’arsenic, …. Parmi ces substances certaines sont interdites depuis longtemps. Prenons l’exemple des PCBs, utilisés comme isolants dans les transformateurs électriques. Ces substances cancérigènes interdites depuis de nombreuses années sont tellement stables qu’elles persistent une centaine d’années, contaminent même le fond de nos océans, créent des catastrophes démographiques chez certains crustacés et se logent dans les poissons les plus gros et les plus gras, comme le saumon. Mais quand est-il des saumons d’élevage ? Tantôt à la couleur rose barbie, tantôt tellement gras faute de ne pouvoir bouger suffisamment dans le bassin. Et puis, ils contiennent les antibiotiques dont le bio s’est débarrassé. Bref, tout est une question de rapport bénéfices nutritionnels/ risques toxicologiques et cela nécessite à la fois un regard à la loupe sur chaque ingrédient et un équilibre alimentaire qui s’établit sur la semaine, le mois, l’année.
Le bio est inutile pour l’huile de colza
– On veut du Bio monsieur le producteur !
– Ok, ça tombe bien cette année on en a.
– Il vous arrive de ne pas en produire ?
– Une année sur 4, c’est ZERO production. En ce qui concerne le colza, passer par la filière bio, c’est 30 à 40% de rendement en moins minimum quand tout va bien et subir une succession de contrôles aberrants.
– Mais vous produisez bio ?
– Oui.
Il prend une feuille et nous dessine son champ, le plus grand, celui sur lequel il applique, une agriculture raisonnée et puis il dessine son autre champ, accolé au précédent, sur lequel, il pratique et répond aux exigences d’une agriculture dite « BIO ».
Selon moi, tout était dit. Si le premier champ est pulvérisé, le second « bio », juste à côté, par la force des choses, sera également contaminé par les produits chimiques. Ensuite, il faut savoir que le colza est une graine qui nécessite peu de pulvérisations et qui se conserve facilement. L’agriculture dite raisonnée, maitrisée par le savoir et le savoir-faire de l’agriculteur, permet de limiter fortement les intrants en même qu’elle évite les années vides de production.
Juste une dernière question :
– Y-a-t-il une différence nutritionnelle ou toxicologique entre vos deux huiles, autrement dit entre celle issue d’une agriculture raisonnée et celle labélisée bio ?
– Non. Seul le prix diffère.
Conclusion
Ignorance ou Malhonnêteté ? Consommer Bio, c’est s’intéresser à la biodiversité, à l’environnement, au respect des écosystèmes et surtout aux agriculteurs locaux! Ils sont un puits de savoir et de savoir-faire et pourtant 40 à 50% de leur chiffre d’affaire provient de subsides.
A l’heure où les distributeurs (supermarchés) négocient avec les industries des prix de plus en plus bas pour une qualité de plus en plus médiocre et une consommation massive, nous, les consommateurs, avons un rôle crucial à jouer : faire valoir le travail des producteurs locaux en achetant leurs produits au juste prix. En l’occurrence, dans le cas de l’huile de colza, consommer non bio revient au même que consommer bio et il est plus intelligent de privilégier l’extraction à froid avant tout.
NB : Vous le savez, Archi Sain prône le développement durable et nous militons activement contre l’agriculture productiviste, les chaînes de transformation des aliments industrialisées et le non sens des supermarchés. Les industries agro-alimentaires ne répondent plus du tout aux critères de durabilité pronés par le développement durable. La politique de la consommation de masse qui nous pousse à acheter des produits divers dans des quantités toujours plus importantes a radicalement changé notre état de santé. Aujourd’hui, nous ouvrons le débat sur le bio parce que nous estimons qu’il est souvent utilisé de façon abusive. Cela ne signifie pas que nous souhaitons nous en éloigner. Bien au contraire, nous refusons de secouer le drapeau BIO lorsqu’il n’a pas de sens. Si vous avez des suggestions ou des commentaires, nous serons ravies de les lire.
COLLURA Loredana – Diététicienne, nutritionniste – Master en santé publique – Fondatrice Archi Sain